Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 09:15

Vendredi 15 novembre 1940

RAF cette nuit. Ça a bardé. Quatre alertes sérieuses.

Repas, ordres. RAS

Samedi 16 novembre 1940

RAF cette nuit. Ça barde toute la nuit. Les Allemands nous font payer pour 1056 marks d’objets perdus ou cassés par nous et aussi par les officiers polonais, nos prédécesseurs (en particulier couteaux de table que nous n’avons jamais vus !)

Dimanche 17 novembre 1940

Pas de RAF.

Repas, ordres. Une bouteille de vin pour trois (de la cantine). Nous en avons une fois par mois.

Lundi 18 novembre 1940

RAF cete nuit.

Repas, ordres. Bière, une bouteille par homme (de la cantine, 2 fois par semaine).

Les Corses quittent le camp demain matin (Petreschi). Ils iraient à SandPostel à côté de Hambourg puis à constance aux fins de rapatriement en Corse. Mais alors, la Corse serait-elle cédée à l’Italie et serait-ce pour opter qu’on les libère ? Si oui, c’est bien malheureux. 22 Alsaciens partiront mardi pour l’Alsace. Les Nord Africains partiraient Samedi pour un camp de prisonniers de la Gironde. 18 heures 45, voilà six mois que je suis prisonnier.

Mardi 19 novembre 1940

RAF cette nuit.

Repas, ordres.

Petro est parti ce matin à 6 heures. Il nous a quittés avec émotion.

Reçu quatre lettres aujourd’hui de ma femme, une de Louis, une de Roland qui a passé son examen à Nevers. Il ne sera probablement pas reçu car il a fait autant de fautes dans sa lettre qu’il y a écrit de lignes.

Mercredi 20 novembre 1940

Pas de RAF.

Repas, ordres. RAS

Jeudi 21 novembre 1940

Pas de RAF.

Visite de la Croix rouge. Il est arrivé des effets, j’ai demandé et obtenu un caleçon et une chemise. Maintenant, il me faut une culotte et une paire de souliers. Je vais attendre le prochain arrivage qui sera là bientôt.

Repas, ordres.

Je ne plus avaler la gamelle de son.

Aujourd’hui, on nous a lu les différents appels du maréchal Pétain. Ils sont la raison même et cependant que de critiques ils ont déchaînées.

Départ des Alsaciens qui restaient.

Vendredi 22 novembre 1940

Pas de raf ;

Repas, ordres.

J’ai réparé le poêle aujourd’hui, je l’ai entouré de terre réfractaire intérieurement. Les Nord Africains qui doivent quitter le camp Samedi sont désignés (Capitaine Verrier). J’ai reçu mon premier colis de 5 kg contenant gants, chandails, cache nez, deux paires de chaussettes, une culotte, biscuits, poule au pot, biscottes, sardines, miel, caleçon, savon. J’ai assez de linge maintenant. Il me faudrait une vareuse, une paire de brodequins que je vais prendre au camp. Avec cela j’aurai tout ce qu’il me faudra.

Samedi 23 novembre 1940

Pas de RAF.

Repas, ordres.

Ce soir j’ai fait une purée délicieuse avec du lard, du lait et de la margarine, choses rares à l’Oflag XB. Je suis bien sous mon pull over neuf. Je dois un grand merci à Mme Dufrenne. Il y a eu incendie dans la baraque de classement du courrier. Il y aurait eu pas mal de lettres (arrivée et départ) de détruites. Petreschi est revenu. Il a été jusqu’au camp de Sand Postel près de Brême ou parait-il, les prisonniers sont plus malheureux que nous. Ilsy auraient été envoyés par erreur.

Ce soir, j’ai assisté à un concert scout. Pas mal mais rien d’extraordinaire.

Dimanche 24 novembre 1940

RAF cette nuit.

Repas, ordres.

Berneau nous a fait un gâteau au riz et chocolat.

Le communiqué d’aujourd’hui annonce le renvoi immédiat de tous les blessés, les médecins non indispensables au service sanitaire des camps ainsi que des père de quatre enfants dont la situation de famille nécessite la présence du père. Ils seront considérés comme en congé de captivité. Enfin voici la première lueur d’espoir.

Lundi 25 novembre 1940

RAF cette nuit.

Repas, ordres.

Demain, les Algériens s’en vont.

Mardi 26 novembre 1940

RAF

10 heures 15, départ des Nord Africains dont mon capitaine (Verrier). Ils sont dirigés sur Mayenne et probablement sur le midi de la France. 15 blessés ont été libérés et sont dirigés sur la France.

Repas, ordres.

Mercredi 27 novembre 1940

Pas de RAF.

Je perçois un colis à 10 heures des Libosses. 1 kg de jambon et un pain recuit en excellent état. Le jambon est excellent. J’ai un peu mal au cœur de le partager entre tous mais je le fais quand même car j’ai été bien heureux au début que les autres partagent leurs colis avec moi alors que je n’en recevais pas encore. C’est le 4ème de 1 kg. Mes parents sont bien gentils.

Jeudi 28 novembre 1940.

RAF.

Repas, ordres, RAS.

Vendredi 29 novembre 1940

Pas de RAF.

Repas, ordres, RAS

Samedi 30 novembre 1940

RAF. Les deux fils de Hennessy (Dr Goleries, Lafayette) sont libérés. Ils seront prisonniers sur parole à Paris. « le piston n’a pas perdu ses droits malgré la guerre ».

Dimanche 1er décembre 1940

RAF cette nuit.

Il a fait froid. Il y a de la glace mais enfin c’est supportable.

Repas, ordres.

Lundi 2 décembre 1940

Pas de RAF.

Repas, ordres.

Il fait plus froid qu’hier. J’ai écrit une lettre au commandant Dufrenne. Reçu trois lettres de ma femme. Elle m’apprend que Corcelle n’a toujours pas donné de ses nouvelles au 1er octobre. Pauvre garçon, il a du y laisser ses os. Il doit donc être inhumé soit à Fontaine au bois ou à Landrecies. Il faudrait écrire aux maires de ses localités et je ne le peux pas. Je suis content que madame Bouille veuille bien s’intéresser à ma femme. Cela lui fait prendre le temps en patience. Pauvre chérie qui escomptait ma rentrée pour  Noël ! Michel a bien travaillé à l’école, 14ème / 30 et 5ème en Français. Petreschi n’a pas reçu le colis de Madame Mollot.

 

 

 

 

Par Carnets de guerre
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