Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 15:31

17 MAI 1940 : Bataille de Fontaine au Bois

Rapport du Lieutenant Domaine, commandant les éléments de la 11ème compagnie du 95ème R.I. pendant les combats des 17 et 18 mai 1940.

Situation à 7 heures 30 : alerte, débarquement ; la compagnie se compose des 1ère et 2ème section au complet. 1 groupe de la 3ème section, 2 F.M. servis de la 4ème section, 4 hommes et 3 gradés de la pièce de 60 sans matériel. Il manque : le capitaine, 2 gradés de la 3ème section et le chef de section, 1 groupe complet + 10 hommes de la 4ème section. La presque totalité de la section de combat, tout le train de combat et de ravitaillement ainsi que les matériels de transmission.

Par ordre du chef de bataillon commandant la III/95 je prends le commandement des effectifs présent et réalise le dispositif pour 8 heures.

Le débarquement a eu lieu à environ 1500 à 1800 m de Landrecies sur la route Landrecies – Le Quesnoy.

De 8 heures  à 10 heures la forêt de Mormal est bombardée et mitraillée par les avions allemands.

A 10 heures : Ordre est donné à la 11ème compagnie de se porter à Fontaine au Bois, de tenir ce village et de pousser 1 section vers Landrecies en liaison avec la 9ème Compagnie, et une section vers le bois L’Evêque en liaison avec le 13ème R.I.

A 11 heures, arrivée à Fontaine au Bois où se trouve déjà une pièce de 75 du 54ème R.A.C. installée contre engins blindés. Organisation défensive du village. Construction de barricades.

A 11 heures 30 : Compte rendu au Chef de Bataillon.

A 12 heures : passent successivement une section de F.V. (fusillés voltigeurs) et une section du 13ème R.I. qui marchent vers Landrecies. Je retarde le départ des sections vers Landrecies et le Bois l’Evêque pour éviter le mélange des unités et je rends commandant de cette situation.

A 12 heures 45 : arrivée du sous lieutenant Brumpt (CA2/95) qui s’est égaré. Je lui donne le commandant de la 1ère section commandée par le Sergent Gen…

Je fais manger les hommes sur les ressources du village.

Arrivée du Capitaine Berger du 13ème R.I. que je mets au courant de la situation connue et de ma mission.

A 14 heures 30 : Je reçois l’ordre d’appuyer la marche en avant de la 9ème compagnie vers Landrecies en marchant vers cette ville en liaison avec cette unité, par la route Solesmes-Landrecies puis de porter une section à la corne Nord Ouest du Bois l’Evêque, en liaison avec le 13ème R.I..  Cet ordre est exécutoire à partir de 12 heures or il arrive avec 2 heures 30 de retard.

A 14 heures 45 : départ des sections Hodeau vers Landrecies et Dumas vers le Bois l’Evêque. La section Brumpt restera provisoirement à Fontaine au Bois qu’elle tiendra.

A 15 heures 45 : le P.C. se porte vers Landrecies par la route ; Compte rendu de Hodeau « progression normale, pas de liaison ». Pas de nouvelles de Dumas.

A 15 heures 30 : le P.C. arrive au carrefour « A » où se trouvent les deux sections du 13ème R.I. qui sont passées à Fontaine au Bois à 12 heures. Je demande au Sergent Maillot de pousser vers la voie ferrée Landrecies-le Cateau en assurant la liaison entre les sections Hodeau et Dumas. Accord complet ; les mitrailleuses appuieront le mouvement.

A 15 heures 45 : Compte rendu au commandant (expliquant situation)

A 16 heures : Arrivée du capitaine Berger du 13ème qui, mis au courant, adopte ma façon de voir et place la section Maillot et la section de mitrailleuses du 13ème sous mon commandement. Je n’ai toujours pas de nouvelles de Dumas. Le capitaine Berger m’emmène dans sa voiture de liaison. Noustrouvons une section de FV du 13ème R.I. (perdue) au Carrefour E ; la section de Dumas est au carrefour D ; une section du 13ème R.I. à l’ouest du carrefour D. ces deux unités du 13ème sont placées sous mon commandement. Elles marcheront vers la section de F.V. (sergent chef Follard) entre les sections Maillot et Dumas. La section de mitrailleuses assurera la protection du flanc droit (en marchant derrière Dumas qui n’a aucune liaison à droite) avec 1 G.F.V. et appuiera le mouvement en avant vers la voie ferrée.

Le front occupé à ce moment est de 3 km environ et je n’ai qu’une seule section en réserve (Brumpt à Fontaine au bois). Toutes les autres sections ont pour mission de se porter à la voie ferrée et de battre le canal par leurs feux. Hodeau doit chercher la liaison à gauche avec la 9ème compagnie et Dumas à droite avec le 13ème R.I.

17 heures : compte rendu au chef de bataillon (expliquant situation). P.C. installé à 200 m à l’Est du carrefour B. Je fais rejoindre la section Brumpt qui restera en réserve auprès du PC et préparera une barricade au carrefour B.

17 heures 30 : les sections Hodeau et Maillot sont bombardées. Compte rendu de Hodeau (liaison assurée avec la 9ème compagnie ; progression impossible).

17 heures 45 : Je me rends auprès de la section Hodeau. Le bombardement interdit tout mouvement en avant. Je pars à gauche vers la 9ème compagnie qui a échoué dans sa tentative de pénétration dans Landrecies. Je rencontre le chef de bataillon que je mets au courant de la situation et rejoint le P.C. à 18 heures 15.

18 heures 30 à 19 heures 30 : pas de nouvelles des sections du 13ème et de la section Dumas.

20 heures : le sous officier observateur m’apprend que les sections du 13ème tiennent la voie ferrée entre Landrecies et le Bois l’Evêque. Bruits de chars dans leur direction. Compte rendu au chef de bataillon.

20 heures 30 : attaque des chars allemands sur la 9ème compagnie et les sections du 13ème R.I.. Ces unités refluent jusqu’à la hauteur des carrefours C et E où elles se maintiennent (barricades). Pas de nouvelles de Dumas.

21 heures 30 : j’ordonne le repli des sections Hodeau et Maillot qui sont maintenant découvertes à gauche et à droite sur le carrefour B. Je poste mon P.C. au carrefour A avec la section de réserve (Brumpt). Je fais organiser les barricades. Compte rendu au chef de bataillon (l’agent de transmission ne revient pas). Pas de nouvelles de Dumas. Liaison perdue avec la 9ème compagnie. Aucun ravitaillement.

23 heures : arrivée de Dumas dont la section et celle de Follard sont restées à la voie ferrée. Le 131ème aurait vu des éléments dans le Bois l’Evêque de 18 heures à 20 heures. Ces éléments ont disparu ensuite. Je donne l’ordre à Dumas de replier avec la section Follard et de barricader le carrefour D, ce qui ne sera exécuté qu’à 2 heures 45 le 18.

22 heures 30 : compte rendu au chef de bataillon (l’agent de transmission ne revient pas). Distributions des vivres récupérées dans le village.

 

 

Par Thierry Domaine
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Commentaires

Je suis tres interresse par ce qui c'est passe dans la region à ces dates!
Commentaire n°1 posté par geotherme le 12/07/2009 à 22h12
J'ai raconté en détail et à partir de témoignages la percée de Rommel et en particulier les combats de Landrecies. Voir sur mon site "Maudite soit la guerre!" tome I.
Commentaire n°2 posté par Guy Lobeau le 15/06/2010 à 21h38

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